On conte l’anecdote suivante sur la belle impératrice Elisabeth d’Autriche.
Pour la naissance du prince héritier, son époux lui avait offert un collier de perles roses d’une merveilleuse beauté. L’impératrice Y attachait beaucoup de prix, d’abord comme à un souvenir du plus beau jour de sa vie, ensuite parce que l’orient rosé des perles s’adaptait à son admirable teint, à cette époque où elle était encore une des plus belles femmes d’Europe.
Bien des années passèrent, l’âge et la souffrance durcirent ses traits et aigrirent son caractère. Elle vivait retirée de la cour, à l’Achilleion de Corfou. C’est là qu’un jour, elle remarqua avec épouvante que ses perles avaient perdu leur délicate lueur rose et s’étaient ternies. Convaincue que seule la mer, où naissent les perles, était capable de leur rendre l’éclat de leur jeunesse, l’impératrice décida de plonger son collier dans la mer, en quelque endroit profond. Ainsi fut fait. Par une nuit de clair de lune, le collier fut jeté dans les flots argentés. L’impératrice gouvernait elle même le canot, une femme de confiance ramait, personne autre n’était au courant.
Un an plus tard, l’impératrice fut assassiné à Genève, au moment même où elle se destinait à retourner à Corfou. L’empereur, auquel la confidente de l’impératrice rendit compte de l’immersion des perles, les fit rechercher. Mais en vain. On ne retrouva plus la cassette qui contenait le collier.
Cette histoire est elle vraie ? Je l’ignore mais elle s’accorde en tout cas avec le caractère de cette belle femme un peu étrange.



15 août 2007
Perles fines