Industrie perlière : Chances et contraintes

dim, jan 13, 2008

Perles de culture

Certains pays possèdent des stocks d’huîtres peu nombreux. Dans ce cas, l’expansion de l’industrie perlière est diminuée par la difficulté de se procurer des semences. Une ferme perlière ne peut amortir ses investissements qu’après une période avoisinant les 10 à 15 ans. Considérant ces aspects, il est crucial qu’elle se dote d’un stock d’huîtres régulier.

 
Fort heureusement, la technique qui consiste à élever des huîtres perlières est maîtrisée. Il y a  un nombre conséquent d’écloseries auprès desquelles il est possible d’apprendre tous les rouages du métier. L’écloserie de Kiribati, plutôt modeste par ses moyens financier et son coût de structure, continue d’avoir un succès retentissant dans la fixation du naissain.

 
Toutefois, les services publics sous-estiment très souvent la difficulté de gérer efficacement des écloseries.

 
Les Océaniens devraient s’investir dans la recherche pour ne pas rater d’importantes avancées technologiques qui pourraient leur présenter des avantages substantiels. Par exemple, les huîtres que l’on a rendues stériles par la triploïdisation reportent sur la croissance l’énergie normalement consacrée à la reproduction. Cette technique permet de réduire le temps de croissance des perles jusqu’à leur récolte (et son coût) et, dans le même temps, d’augmenter les profits. Il serait également possible, par amélioration génétique, d’obtenir des huîtres qui produisent des perles d’une couleur ou d’une dimension particulières.

 
La gestion de l’environnement est cruciale lorsque l’on souhaite augmenter l’élevage des huîtres perlières. C’est une leçon que les Îles Cook ont malheureusement apprise à leurs dépens, puisqu’elles se remettent à peine d’une maladie très sérieuse. Celle-ci a été due, en partie, à une surpopulation qui a touché les huîtres de l’atoll de Manihiki en l’an 2000. Les mesures prises comprennent :

 
- Un suivi de l’environnement,
- Une analyse de la qualité de l’eau grâce à des sondes automatisées,
- L’usage de la cartographie numérique permettant d’allouer des baux d’exploitation,
- L’analyse de la densité des huîtres,
- Et une nouvelle directive permettant l’établissement d’un plan d’aménagement du lagon des atolls destinés à stimuler l’adoption des meilleures pratiques d’élevage.

 
La greffe de l’huître est sûrement le facteur le plus important de la qualité d’une perle. Cela représente la plus grosse part du coût de production. Mme Maria Haws, de l’Université d’Hawaï, a montré par des arguments vérifiés qu’un greffeur peu chevronné pouvait influencer négativement la profitabilité de l’entreprise.

 
D’après cette même analyse, un technicien très expérimenté qui grefferait 2 000 huîtres, pourrait produire un revenu de 38 000 USD. Un de ses confrères moins chevronné qui en grefferait autant produirait un chiffre d’affaire de 17200 USD seulement. En résumé, un greffeur peu expérimenté ne réussirait à atteindre le seuil critique de rentabilité, même si sa rémunération était moindre.

 
À l’évidence, si les Océaniens souhaitent augmenter la rentabilité de leur entreprise perlière, ils n’auront d’autres choix que d’investir dans l’amélioration de leur technique de greffes. Les perles sont des biens de bijouterie, de joaillerie et il donc important de mener une campagne de marketing appropriée afin de séduire les acheteurs potentiels.

 
Aucun autre segment de la filière ne comprend mieux cela que celui du privé. Des producteurs perliers comme M. Temu Okotai, des Îles Cook, et M. Justin Hunter, des Îles Fidji, ont ainsi raconté leurs campagnes de promotion dans le monde des affaires.

 
De plus, M. Hunter a décrit comment la gestion de sa ferme de Savusavu s’intègre dans les aspirations du qoliqoli local, de sorte que les collectivités locales puissent toucher leur part des bénéfices réalisés par l’entreprise.

 
M. Okotai a suggéré d’attribuer un label océanien aux perles pour en faciliter la vente, et a appelé les producteurs de la région à travailler ensemble dans le même intérêt plutôt que de se livrer à de la concurrence. La récente stabilisation des cours de la perle a insufflé un certain optimisme chez les vendeurs, bien que l’adage selon lequel de belles perles se vendent toujours bien, reste vrai.

 
M. Quentin Fong, de l’Université de l’Alaska, a présenté des analyses de sensibilité économique, fondées sur les résultats d’une ferme modèle dans le Pacifique Nord, montrant que la variation des prix de vente est le facteur qui a l’effet le plus sensible sur la rentabilité et les coûts.

 
L’augmentation (ou la baisse) d’un pour cent du prix de vente induit une augmentation (ou une baisse) de cinq pour cent des bénéfices nets. Ces résultats confirment la teneur des exposés précédents sur l’importance du marketing.

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Cet article a été rédigé par :

Arnaud Pons, fondateur de la Maison Gemperles, bijouterie joaillerie de la perle en direct des fermes perlières. Diplômé Master de l'Ecole Supérieure de Commerce de Pau en France ainsi que du GIA (Gemological Institute of America) en Californie. Membre de cette association. Autre site du même auteur : Bijouterie Joaillerie.

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2 Responses to “Industrie perlière : Chances et contraintes”

  1. Jean claude saley Says:

    Hi;

    With an Association we’ll make a culture’s project of ice water perle. So could you informe me how to do, where can I do a formation please?

    Thanks

    Bonjour;

    A travers une association nous voudrons faire un projet de culture de perle en eau douce en Afrique. Pourriez vous nous donner des renseignements sur la façon de s’y prendre.

  2. Arnaud Says:

    Bonjour,

    Se lancer dans un tel projet mérite mûre réflexion et professionnalisme.

    Avez vous pensé à l’investissement financier, au temps passé (plusieurs années avant de pouvoir récolter vos premières perles) ainsi que les risques encourus (climatiques, naturels, économiques…). Dans ce cas, un accompagnement est bien entendu nécessaire. Réaliser un business plan serait une étape indispensable, cela permettait de poser les bases de votre projet et de pouvoir trier vos idées.

    Vous pouvez, dans un premier temps, vous rapprocher de l’IFREMER, un organe qui pourra vous être grandement utile.

    Disposez vous déjà de concessions exploitables ? Ensuite, vous devez vous doter de techniciens pointus dans le domaine de la perliculture, des greffeurs par exemple… S’en suit des équipes sur le terrain, et d’autres techniciens qui pourront soigner les moules, les nettoyer, soigner si besoin, récolter les perles, les trier, calibrer, les assortir… le monde de la perliculture est vaste. Bon courage !

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