La mode de porter une grosse perle à l’oreille était si répandue à l’époque impériale que toute prostituée en faisait étalage. Pour s’en distinguer, les matrones des hautes classes portèrent alors des boucles d’oreilles dormeuses faites de deux ou trois perles en poire, qu’on appela des perles de respectabilité.
Scandalisé par le luxe ruineux des perles, Terbullien, le célèbre Père de l’Eglise, s’écrie :
"Un simple rang de perles coûte un million de sesterces; un cou frêle porte des forêts entières et des Îles… à un délicat lobe d’oreille est suspendu un lourd censier, et chaque doigt joue d’un trésor comme si c’était une bagatelle. La vanité s’est haussée à un tel point qu’une femme porte sur son corps tout son avoir et tout son bien."
Lollia Paulina, l’épouse de Caligula, portait un collier en perles et un bracelet en perles particulièrement somptueux. Composés de perles et de gemmes vertes et bleues, elle devait valoir dans les quatorzes millions de sesterces.
L’empereur Sévère voulut un jour acheter des perles (deux grosses perles blanches) d’une étonnante beauté. Le prix qu’on lui en demanda fut tel qu’il ne les offrit pas à sa femme, mais qu’il en orna la statue de Vénus. Pas une mortelle mais seule une Immortelle, était digne de porter une parure de perles d’un pareil prix.







lun, avr 9, 2007
Histoire de perles